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SEPTEMBRE 2008

Laurent Gaudé, "La porte des enfers" 
Actes Sud, 2008

Mot de l'éditeur
2002, dans un restaurant de Naples, Filippo Scalfaro accomplit sa vengeance : il poignarde au ventre un client puis, le couteau sur la gorge, il le force à l’accompagner dehors, le fait monter dans une voiture, prend la direction du cimetière. Parvenu là, il le traîne jusqu’à une tombe et lui en fait déchiffrer l’inscription. Puis il lui tranche les doigts des mains et le laisse là, saignant et gémissant.
1980, dans les rues encombrées de Naples, Matteo tire par la main son fils et se hâte vers l’école. A un carrefour, soudain éclate une fusillade. Matteo s’est jeté à terre, couchant contre lui son petit garçon. Quand il se relève, il est baigné du sang de l’enfant, atteint par une balle perdue.
2002, après un dernière visite à “tante Grace”, prostituée et travesti qui l’a vu grandir, celui qui a accompli sa vengeance peut enfin quitter Naples et, roulant vers le Sud, partir à la recherche des siens, disparus depuis l’époque du grand tremblement de terre.
1980 : le deuil a édifié peu à peu un mur de silence entre Matteo et sa femme Giuliana. Matteo ne travaille plus. Toutes les nuits, il roule dans son taxi à travers les rues de Naples, sans presque jamais prendre de client. Il sait bien ce que Giuliana attend de lui : qu’il retrouve et punisse le responsable. Mais il en est incapable. Un soir, les circonstances le conduisent dans un minuscule café-bar, où il fait notamment la connaissance d’un Professeur qui tient d’étranges discours sur la réalité des Enfers et la possibilité d’y descendre…






François Vallejo, "L'incendie du Chiado"
Viviane Hamy, 2008

Mot de l'éditeur
Le 25 août 1988, s'embrasait le Chiado, le quartier historique de Lisbonne la magnifique. De la fenêtre de son hôtel, François Vallejo fut l'un des premiers à entendre le grondement des flammes, à voir le ciel se métamorphoser, à sentir les couleurs de l'incendie, le rouge, le jaune... grimper à toute allure les étages des magasins.
Cette image s'est fortement imprimée dans son regard, dans son esprit.
Vingt ans plus tard, il restitue des sensations, des émotions par le biais de cinq personnes - quatre hommes et une femme - qui refusent d'évacuer les lieux, pour s'enfoncer dans les décombres et les cendres de ce lieu magique, historique, tant par ses magasins tout en boiseries, que par ses cafés où se réunissait la fine fleur de l'intelligensia lisboète.
Pendant cinq jours, quatre protagonistes dont on ne sait rien, vont se rencontrer, s'observer, s'opposer, se cacher, abandonner un peu de leur "humanité". Jusqu'à ce qu'apparaisse un cinquième personnage, Juvenal Ferreira, figure mystérieuse et inquiétante, qui prend un tel ascendant sur ses "is" qu'il parvient à leur faire avouer les raisons profondes. Inconscientes même, pour lesquelles ils ont eu besoin de passer une frontière, de passer clandestinement les barrières de sécurité, de se mettre, en quelque sorte, en "marge" de la société.
Ce groupe ne sortira pas indemne de l'aventure, pour ceux qui en sortiront.





Sasa Stanisic, "Le soldat et le gramophone"
Stock, 2008

Mot de l'éditeur
Aleksandar grandit près de Višegrad, dans ce qui est encore la Yougoslavie, quand se produit un drame : la mort de son grand-père Slavko. Celui dont les récits légendaires du communisme l’ont enchanté, et auquel il a fait le serment de transformer la réalité en histoires, l’enfant espère jusqu’au bout le réveiller. Son grand-père adoré n’a t- il pas fait de lui un magicien ?
Mais il faudra que les pouvoirs d’Aleksandar soient grands car la guerre est proche. Viendront le temps de l’exil et d’une intégration difficile dans l’Allemagne des années 1990, obsédée par le productivisme et le coût de la réunification.
L’évocation inoubliable d’une guerre qui s’est jouée tout près de nos frontières, dans l’indifférence et l’incompréhension générales. Le destin d’une famille aux personnages picaresques. Le regard d’un enfant, plus préoccupé des malheurs de ses proches, de l’issue d’un match de football, de ses premières amours, que de l’avenir de son pays mais dont le récit spontané souligne la violence avec laquelle la guerre fait irruption dans le quotidien. Puis Aleksandar grandit et dès que l’occasion lui est donnée d’écrire, il ne cessera d’évoquer son enfance et le souvenir de son pays perdu. Le lecteur assiste alors à la naissance d’un prodigieux écrivain pour son plus grand plaisir.






Alice Ferney, "Paradis conjugal"
Albin Michel, 2008

Mot de l'éditeur
Pourquoi perd-on l’amour de sa vie ? Pourquoi le doute l’a-t-il si souvent habité ? Quels regrets, quels remords en conçoivent les amants ? Où mène le lien amoureux ?
Dans une famille dont le mari s’est absenté, une femme et ses enfants, attendant son retour incertain, regardent un film, "Chaînes conjugales", qui met en scène ces énigmes. La vie et la fiction se répondent. Dans un face à face avec les personnages du film, ceux du roman partagent aventures et mésaventures sentimentales.
"Paradis conjugal" réunit le cinéma, la littérature et la vie, et Alice Ferney dans ce nouveau roman poursuit son exploration du sentiment amoureux avec acuité et une sensibilité singulière.






Richard Russo, "Le pont des soupirs"
Quai Voltaire, 2008

Mot de l'éditeur
Louis C. Lynch, dit Lucy, a toujours vécu à Thomaston, une petite bourgade proche de New-York. D'un père optimiste et d'une mère tyrannique, il a hérité d'un "empire" de petits commerces, qu'il s'apprête à léguer à son fils unique.
Tandis que sa femme Sarah prépare leur premier voyage, un séjour à Venise où ils espèrent retrouver leur plus vieil ami, Bobby Marconi, devenu peintre de renom, Lucy met la dernière touche à l'histoire de sa vie. Une existence marquée par un drame d'enfance qui le hante encore.
Poids des origines, violence des désirs inassouvis, frustations du couple, turpitudes de la vie provinciale, tels sont les thèmes qu'explore Richard Russo dans cet ample roman, où se rejoignent l'intime et l'universel.






Ian Mc Ewan, "Sur la plage de Chesil"
Gallimard, 2008

Mot de l'éditeur
« Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible… ». Le soir de leur mariage, Edward Mayhew et Florence Ponting se retrouvent enfin seuls dans la vieille auberge du Dorset où ils sont venus passer leur lune de miel. Mais en 1962, dans l'Angleterre d'avant la révolution sexuelle, on ne se débarrasse pas si facilement de ses inhibitions et du poids du passé. Les peurs et les espoirs du jeune historien et de la violoniste prometteuse transforment très vite leur nuit de noces en épreuve de vérité où rien ne se déroule selon le scénario prévu.
Dans ce roman dérangeant, magistralement rythmé par l'alternance des points de vue et la présence obsédante de la nature, Ian McEwan excelle une nouvelle fois à distiller l'ambiguïté, et à isoler ces moments révélateurs où bifurque le cours d'une vie.






Nuala O'Faolain, "Best love Rosie"
Sabine Wespieser, 2008

Mot de l'éditeur
Après avoir vécu et travaillé dans le monde entier, Rosie décide de rentrer à Dublin pour s'occuper de Min, la vieille tante qui l'a élevée. Rien n'a changé dans le quartier populaire où elle a grandi, et la cohabitation avec Min, dépressive et alcoolique, n'a rien d'exaltant. En feuillettant pour sa tante des ouvrages de développement personnel, l'idée vient à Rosie de s'occuper utilement en rédigeant un manuel pour les plus de cinquante ans. Sa seule relation dans l'édition vivant aux Etats-Unis, elle se frottera, non sans heurts, au marché américain...
Le roman s'emballe quand Rosie voit débarquer à New York la tante Min, qu'elle avait laissée, le temps d'un aller-retour, dans une maison de repos. La vieille dame est galvanisée par sa découverte de l'Amérique : elle se fait des amies, trouve un travail, et pour rien au monde ne voudrait renouer avec son ancienne vie. Encore moins pour reprendre possession de la maison de son enfance, que l'armée veut lui restituer. Rosie, elle, tombe amoureuse de ce lieu magique de la côte irlandaise, et va, dans une osmose avec la nature enchanteresse et les animaux qu'elle adopte, s'y laisser pousser des racines.





Elif Shafak, "Bonbon palace"
Phébus, 2008

Mot de l'éditeur
Dans ce roman, Elif Shafak donne vie à Bonbon Palace et à ses habitants. Cet immeuble à l'élégance désuète fut bâti en 1966 à Istanbul, sur le site d'un ancien cimetière musulman et arménien, par un riche Russe pour sa femme qui ne s'émouvait plus qu'à la vue de friandises...
Aujourd'hui décati, infesté par la vermine et les ordures, Bonbon Palace abrite dix appartements. S'y côtoient des voisins farfelus et très différents, composant une mosaïque de la société turque actuelle, reflétant ses aspirations, ses tensions et ses contradictions. Il y a d'abord le narrateur, un homme à femmes avec un penchant pour Kierkegaard. Puis le gérant de l'immeuble, le très religieux Hadji Hadji, conteur cruel à ses heures. Il y a aussi Cernal et Celal, les jumeaux coiffeurs; Hygiène Tijen qui n'a pas volé son surnom; Nadia, desperate housewife accro à un soap opera; la cafardeuse "maîtresse bleue"; la flamboyante Ethel en quête du grand amour...




   








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