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ARCHIVES 2008 : • JANVIER
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FEVRIER
• MARS
• AVRIL • MAI • ETE •
• Livres
du mois •
Laurent Gaudé,
"La porte des enfers"
Actes
Sud, 2008
Mot de l'éditeur
2002, dans un restaurant de Naples, Filippo
Scalfaro accomplit sa vengeance : il poignarde
au ventre un client puis, le couteau sur la
gorge, il le force à l’accompagner dehors,
le fait monter dans une voiture, prend la direction
du cimetière. Parvenu là, il le
traîne jusqu’à une tombe et lui
en fait déchiffrer l’inscription. Puis
il lui tranche les doigts des mains et le laisse
là, saignant et gémissant.
1980, dans les rues encombrées de Naples,
Matteo tire par la main son fils et se hâte
vers l’école. A un carrefour, soudain
éclate une fusillade. Matteo s’est jeté
à terre, couchant contre lui son petit
garçon. Quand il se relève, il
est baigné du sang de l’enfant, atteint
par une balle perdue.
2002, après un dernière visite
à “tante Grace”, prostituée et
travesti qui l’a vu grandir, celui qui a accompli
sa vengeance peut enfin quitter Naples et, roulant
vers le Sud, partir à la recherche des
siens, disparus depuis l’époque du grand
tremblement de terre.
1980 : le deuil a édifié peu à
peu un mur de silence entre Matteo et sa femme
Giuliana. Matteo ne travaille plus. Toutes les
nuits, il roule dans son taxi à travers
les rues de Naples, sans presque jamais prendre
de client. Il sait bien ce que Giuliana attend
de lui : qu’il retrouve et punisse le responsable.
Mais il en est incapable. Un soir, les circonstances
le conduisent dans un minuscule café-bar,
où il fait notamment la connaissance
d’un Professeur qui tient d’étranges
discours sur la réalité des Enfers
et la possibilité d’y descendre…
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François
Vallejo,
"L'incendie
du Chiado"
Viviane
Hamy, 2008
Mot de l'éditeur
Le 25 août 1988, s'embrasait
le Chiado, le quartier historique de Lisbonne
la magnifique. De la fenêtre de son hôtel,
François Vallejo fut l'un des premiers
à entendre le grondement des flammes, à
voir le ciel se métamorphoser, à
sentir les couleurs de l'incendie, le rouge, le
jaune... grimper à toute allure les étages
des magasins.
Cette image s'est fortement imprimée dans
son regard, dans son esprit.
Vingt ans plus tard, il restitue des sensations,
des émotions par le biais de cinq personnes
- quatre hommes et une femme - qui refusent d'évacuer
les lieux, pour s'enfoncer dans les décombres
et les cendres de ce lieu magique, historique,
tant par ses magasins tout en boiseries, que par
ses cafés où se réunissait
la fine fleur de l'intelligensia lisboète.
Pendant cinq jours, quatre protagonistes dont
on ne sait rien, vont se rencontrer, s'observer,
s'opposer, se cacher, abandonner un peu de leur
"humanité". Jusqu'à ce
qu'apparaisse un cinquième personnage,
Juvenal Ferreira, figure mystérieuse et
inquiétante, qui prend un tel ascendant
sur ses "is" qu'il parvient à
leur faire avouer les raisons profondes. Inconscientes
même, pour lesquelles ils ont eu besoin
de passer une frontière, de passer clandestinement
les barrières de sécurité,
de se mettre, en quelque sorte, en "marge"
de la société.
Ce groupe ne sortira pas indemne de l'aventure,
pour ceux qui en sortiront.
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Sasa Stanisic,
"Le
soldat et le gramophone"
Stock,
2008
Mot de l'éditeur
Aleksandar grandit près de Višegrad,
dans ce qui est encore la Yougoslavie, quand
se produit un drame : la mort de son grand-père
Slavko. Celui dont les récits légendaires
du communisme l’ont enchanté, et auquel
il a fait le serment de transformer la réalité
en histoires, l’enfant espère jusqu’au
bout le réveiller. Son grand-père
adoré n’a t- il pas fait de lui un magicien
?
Mais il faudra que les pouvoirs d’Aleksandar
soient grands car la guerre est proche. Viendront
le temps de l’exil et d’une intégration
difficile dans l’Allemagne des années
1990, obsédée par le productivisme
et le coût de la réunification.
L’évocation inoubliable d’une guerre
qui s’est jouée tout près de nos
frontières, dans l’indifférence
et l’incompréhension générales.
Le destin d’une famille aux personnages picaresques.
Le regard d’un enfant, plus préoccupé
des malheurs de ses proches, de l’issue d’un
match de football, de ses premières amours,
que de l’avenir de son pays mais dont le récit
spontané souligne la violence avec laquelle
la guerre fait irruption dans le quotidien.
Puis Aleksandar grandit et dès que l’occasion
lui est donnée d’écrire, il ne
cessera d’évoquer son enfance et le souvenir
de son pays perdu. Le lecteur assiste alors
à la naissance d’un prodigieux écrivain
pour son plus grand plaisir.
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Alice
Ferney, "Paradis
conjugal"
Albin Michel, 2008
Mot de l'éditeur
Pourquoi perd-on l’amour de sa vie
? Pourquoi le doute l’a-t-il si souvent habité
? Quels regrets, quels remords en conçoivent
les amants ? Où mène le lien amoureux
?
Dans une famille dont le mari s’est absenté,
une femme et ses enfants, attendant son retour
incertain, regardent un film, "Chaînes
conjugales", qui met en scène ces
énigmes. La vie et la fiction se répondent.
Dans un face à face avec les personnages
du film, ceux du roman partagent aventures et
mésaventures sentimentales.
"Paradis conjugal" réunit le
cinéma, la littérature et la vie,
et Alice Ferney dans ce nouveau roman poursuit
son exploration du sentiment amoureux avec acuité
et une sensibilité singulière.
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Richard
Russo,
"Le pont des soupirs"
Quai
Voltaire, 2008
Mot de l'éditeur
Louis C. Lynch, dit Lucy, a toujours vécu
à Thomaston, une petite bourgade proche
de New-York. D'un père optimiste et d'une
mère tyrannique, il a hérité
d'un "empire" de petits commerces, qu'il
s'apprête à léguer à
son fils unique.
Tandis que sa femme Sarah prépare leur
premier voyage, un séjour à Venise
où ils espèrent retrouver leur plus
vieil ami, Bobby Marconi, devenu peintre de renom,
Lucy met la dernière touche à l'histoire
de sa vie. Une existence marquée par un
drame d'enfance qui le hante encore.
Poids des origines, violence des désirs
inassouvis, frustations du couple, turpitudes
de la vie provinciale, tels sont les thèmes
qu'explore Richard Russo dans cet ample roman,
où se rejoignent l'intime et l'universel. |
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Ian Mc
Ewan,
"Sur la plage de Chesil"
Gallimard,
2008
Mot de l'éditeur
« Ils étaient jeunes,
instruits, tous les deux vierges avant leur
nuit de noces, et ils vivaient en des temps
où parler de ses problèmes sexuels
était manifestement impossible… ».
Le soir de leur mariage, Edward Mayhew et Florence
Ponting se retrouvent enfin seuls dans la vieille
auberge du Dorset où ils sont venus passer
leur lune de miel. Mais en 1962, dans l'Angleterre
d'avant la révolution sexuelle, on ne
se débarrasse pas si facilement de ses
inhibitions et du poids du passé. Les
peurs et les espoirs du jeune historien et de
la violoniste prometteuse transforment très
vite leur nuit de noces en épreuve de
vérité où rien ne se déroule
selon le scénario prévu.
Dans ce roman dérangeant, magistralement
rythmé par l'alternance des points de
vue et la présence obsédante de
la nature, Ian McEwan excelle une nouvelle fois
à distiller l'ambiguïté,
et à isoler ces moments révélateurs
où bifurque le cours d'une vie.
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Nuala
O'Faolain,
"Best love Rosie"
Sabine
Wespieser, 2008
Mot de l'éditeur
Après avoir vécu
et travaillé dans le monde entier, Rosie
décide de rentrer à Dublin pour
s'occuper de Min, la vieille tante qui l'a élevée.
Rien n'a changé dans le quartier populaire
où elle a grandi, et la cohabitation avec
Min, dépressive et alcoolique, n'a rien
d'exaltant. En feuillettant pour sa tante des
ouvrages de développement personnel, l'idée
vient à Rosie de s'occuper utilement en
rédigeant un manuel pour les plus de cinquante
ans. Sa seule relation dans l'édition vivant
aux Etats-Unis, elle se frottera, non sans heurts,
au marché américain...
Le roman s'emballe quand Rosie voit débarquer
à New York la tante Min, qu'elle avait
laissée, le temps d'un aller-retour, dans
une maison de repos. La vieille dame est galvanisée
par sa découverte de l'Amérique
: elle se fait des amies, trouve un travail, et
pour rien au monde ne voudrait renouer avec son
ancienne vie. Encore moins pour reprendre possession
de la maison de son enfance, que l'armée
veut lui restituer. Rosie, elle, tombe amoureuse
de ce lieu magique de la côte irlandaise,
et va, dans une osmose avec la nature enchanteresse
et les animaux qu'elle adopte, s'y laisser pousser
des racines. |
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Elif
Shafak, "Bonbon
palace"
Phébus,
2008
Mot de l'éditeur
Dans ce roman, Elif Shafak donne
vie à Bonbon Palace et à ses habitants.
Cet immeuble à l'élégance désuète
fut bâti en 1966 à Istanbul, sur le
site d'un ancien cimetière musulman et arménien,
par un riche Russe pour sa femme qui ne s'émouvait
plus qu'à la vue de friandises...
Aujourd'hui décati, infesté par la
vermine et les ordures, Bonbon Palace abrite dix
appartements. S'y côtoient des voisins farfelus
et très différents, composant une
mosaïque de la société turque
actuelle, reflétant ses aspirations, ses
tensions et ses contradictions. Il y a d'abord le
narrateur, un homme à femmes avec un penchant
pour Kierkegaard. Puis le gérant de l'immeuble,
le très religieux Hadji Hadji, conteur cruel
à ses heures. Il y a aussi Cernal et Celal,
les jumeaux coiffeurs; Hygiène Tijen qui
n'a pas volé son surnom; Nadia, desperate
housewife accro à un soap opera; la cafardeuse
"maîtresse bleue"; la flamboyante
Ethel en quête du grand amour...
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