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JANVIER 2009

Marc Dugain, "En bas les nuages" 
Flammarion, 2009


Mot de l'éditeur
Sept récits liés par un fil narratif : comme un détail détaché d'une photo, c'est un fait anodin dans l'un qui déclenchera le suivant.
Marc Dugain suit sept hommes vivant aujourd'hui, en Dordogne, au Maroc, aux Etats-Unis ou dans une île lointaine. Les uns sont cyniques, les autres doux et rêveurs, mais tous sont plongés dans les eaux troubles de la vie quotidienne. Ils surnagent, ils s'adaptent, ils essayent de s'en sortir. Tous perdants ? Dugain ne nous éclairera pas là-dessus. Il choisit de raconter, tout simplement raconter, et son art de la mise en scène nous surprend à chacune de ces histoires.





Olivier Adam, "Des vents contraires"
Editions de l'Olivier, 2009

Mot de l'éditeur
Portrait d’un homme en père de famille décomposée.
« Depuis son départ, Sarah était pour tout le monde un sujet tabou, et les raisons, les circonstances de sa disparition un territoire interdit ». Paul Anderen vit seul avec ses deux enfants, Manon et Clément, depuis un an, depuis que Sarah, leur mère, a mystérieusement disparu sans leur donner le moindre signe de vie.
Le roman s’ouvre sur un déménagement. Renonçant à habiter plus longtemps leur maison en banlieue parisienne, symbole d’une vie de famille autrefois vivante et unie, Paul part, avec ses deux enfants, pour la Bretagne, sa terre natale. C’est là, près de la mer, qu’il espère donner un second souffle à sa vie.
Devenu moniteur dans l’auto-école familiale reprise par son frère, il est le passager privilégié des vies d’Elise, Justine, Bréhel, des élèves avec lesquels il se lie. D’autres rencontres suivront, avec le « Grand » par exemple, avec Combe, des personnages banalement extraordinaires, comme le sont si souvent ceux d’Olivier Adam, et qui aident Paul à réinventer un quotidien, imaginer le meilleur et essayer d’y croire, malgré l’absence mordante de Sarah.





Paul Auster, "Seul dans le noir"
Actes Sud, 2009

Mot de l'éditeur
Contraint à l’immobilité par un accident de voiture, August Brill, critique littéraire à la retraite, trouve refuge contre les inquiétudes des temps présent et le poids des souvenirs qui l’assaillent lors de ses innombrables insomnies en se racontant une nuit l’histoire d’un monde parallèle où le 11 septembre n’aurait pas eu lieu et où l’Amérique ne serait pas en guerre contre l’Irak mais en proie, « ici et maintenant », à une impitoyable guerre civile.
Mais imaginaire et réalité en viennent peu à peu à s’interpénétrer comme pour se lire et se dire l’une l’autre, interrogeant la responsabilité de l’individu face à lui-même et l’Histoire.
En plaçant ici la guerre à l’origine d’une perturbation capable d’inventer la « catastrophe » d’une fiction qui abolit les lois de la causalité, Paul Auster établit, dans cette puissante allégorie, un lien entre les désarrois de la conscience américaine contemporaine et l’infatigable et fécond questionnement qu’il poursuit quant à l’étrangeté des chemins qu’emprunte, pour advenir, l’invention romanesque.






Alison Louise Kennedy, "Day"
Editions de l'Olivier, 2009

Mot de l'éditeur
Enrôlé dans la R.A.F, Alfred Day est capturé lorsque son appareil est abattu au cours d’une mission de bombardement en territoire ennemi.
Après la guerre, il cherche à oublier la mort de ses compagnons d’armes, la fin de sa liaison avec Joyce et les visions d’horreur qui l’obsèdent. Il trouve un emploi dans une librairie et tente de mener une vie normale.
Alors qu’il fait de la figuration dans un film historique sur la Seconde Guerre mondiale, tous ses souvenirs lui reviennent. Au milieu d’acteurs en costume et de décors en carton-pâte, il retrouve la violence du deuil et la peur perpétuelle.






Thu Huong Duong, "Au Zénith"
Editions Sabine Wespieser, 2009


Mot de l'éditeur
En 1953, le président - c'est ainsi que l'auteur le nomme, mais on comprend très vite qu'il s'agit de Ho Chi Minh - tombe éperdument amoureux, à plus de soixante ans, d'une très jeune femme. Avec elle, il fonde une famille, qu'il installe à Hanoi dès la reconquête de la capitale. Mais il n'est pas un homme ordinaire, il est le père de la nation, et quand lui vient le souhait d'officialiser son union, les ministres, dont il a favorisé l'ascension, lui font valoir que cette affaire privée le ferait descendre de son piédestal politique. Le président cède, croyant choisir une légitime raison d'État. De ce jour, sa vie bascule. Sa jeune compagne est assassinée, ses enfants recueillis par des proches, et le pouvoir effectif lui échappe : cachés derrière sa figure tutélaire, ses anciens compagnons construisent un régime dont les fondements sont bien éloignés des combats de leur jeunesse commune.






Alain Mabanckou, "Black bazar"
Seuil, 2009

Mot de l'éditeur
Originaire du Congo, résidant à Paris depuis une quinzaine d'années, amoureux des cols italiens à trois boutons et des chaussures Weston, le narrateur est une sorte de dandy africain qui voit son existence basculer du jour au lendemain lorsque sa compagne le quitte pour suivre un compatriote qui joue du tam-tam dans un groupe qui n'est pas connu en France, « y compris à Monaco et en Corse ». 
Il partage désormais son temps entre sa machine à écrire et le jip's, un bar du 1er arrondissement fréquenté par la plupart de ses amis, personnages truculents aux noms inoubliables. Tous pensent qu'il s'est mis à l'écriture pour noyer son chagrin et exprimer sa colère. En réalité, c'est le journal d'un homme révolté qu'il entreprend d'écrire, croquant avec sarcasme et cocasserie la folie du monde qui l'entoure.






Andreï Makine, "La vie d'un homme inconnu"
Seuil, 2009


Mot de l'éditeur
Ce départ pour Saint-Pétersbourg annonce un de ces voyages mystérieux où nous cherchons non pas à changer de pays mais à changer notre vie. Choutov, écrivian et ancien dissident, espère fuir ainsi l'impasse de sa laison avec Léa, éprouver de nouveau l'incandescence de ses idéaux de jeunesse et surtout retrouver la femme dont il était amoureux trente ans auparavant.
Son évasion le mènera vers une Russie inconnue où, à la fois indigné, abasourdi et condamné à comprendre, il découvrira l'exemple d'un amour qui se révèlera à la véritable destination de son voyage.




Philippe Sollers, "Les voyageurs du temps"
Gallimard, 2009

Mot de l'éditeur
« Je viens du Centre de tir. Quelques bavures pour commencer (fatigue, souffle court), et puis précision. Je ne sais plus quel poète américain a écrit ces deux vers : « Paradis calme/Au-dessus du carnage ». C'est mon état d'esprit à l'entraînement.
En haut, si j'arrive à penser le moins possible, ciel, bleu, calme, lumineux. En bas, explosions et larmes. Je me concentre sur le mot « mot ». Je le vois là-bas, dans la ligne de mire. Il respire un peu, il grandit, c'est lui que je vise, que je veux toucher et trouer. MOT. Avec une lettre de plus, c'est MORT. En anglais, ça ferait WORD et WORLD. Je tire sur la mort, je tire sur le monde. Petite plaisanterie, mais qui fait du bien. Ma voisine de stand, Viva, me félicite d'avoir mis dans le mille. Je ne sais rien de ses activités, ni elle des miennes. On se sourit, ça suffit ».




   








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